Depuis maintenant plusieurs mois, mon ventre s’est –certes- arrondi mais c’est bien dans celui de ma moitié que tout se joue et qu’une « petite bestiole » grandit. Très bientôt, nous serons trois…Le début d’une autre vie, d’une plongée dans l’inconnu, mais surtout cette naissance prochaine va ouvrir –pour nous- le chapitre de parents et plus personnellement pour moi celui de père mais aussi celui de père au foyer.

En effet, depuis le début de la grossesse de ma moitié, en en discutant réellement autour de nous, l’idée d’un père au foyer éveille la curiosité. Ce choix paraît encore insolite et crée de multiples réactions. Surtout lorsque qu’on explique que c’est un choix assumé, non contraint et absolument pas de circonstance, aux antipodes du sacrifice.

Ce choix, cette envie d’être père au foyer, à toujours été dans un coin de ma tête, une sorte d’idéal, depuis l’âge de mes 20 ans. Aujourd’hui, au cœur de l’attente, j’avais envie de partager sur les raisons, les réactions ou encore les questions qui entourent cette décision. Cela valait donc bien trois articles sur le sujet. Le premier d’entre eux , celui-ci, aborde les raisons qui m’ont poussé sur à devenir père au foyer. Le second parlera des réactions face à l’option de devenir papa au foyer. Enfin, le dernier sera celui du retour d’expérience après quelques mois en tant que père au foyer.

Les raisons du bonhomme de choisir d’être père au foyer

Tout d’abord, il s’agit, certes, d’une envie mûrie et toute personnelle mais ce fut une décision discutée avec  ma conjointe. Elle ne se retrouva pas au pied du mur, une fois enceinte. La question avait été évoquée bien en amont. Cela faisait -pour ainsi dire- parti du package « vie en couple avec le bonhomme » dans la catégorie « life goals».

Devenir PAF : un état d’esprit, une façon de voir le monde qui correspond au bonhomme?

père au foyerFaire le choix de devenir père au foyer est facile pour moi, parce ce que c’est un réel choix. Il correspond pleinement à ma façon de vivre, d’appréhender le monde. Cette envie ne s’est pas construite par reproduction sociale puisque je suis fils unique et avec des parents qui avaient fait le choix de la nounou. Mais attention, qu’il n’y ait pas méprise, nous sommes très loin de l’acte revendicatif. Ce choix est le fruit d’une volonté forte et presque d’un besoin intime et profond de se réaliser en tant que Papa au foyer. C’est ici que se trouve mon équilibre.

De l’ordre du viscéral ?

Clairement je n’ai jamais conçu ma vie de père sans être présent dans l’univers de la naissance, de la petite enfance. Je ne peux imaginer ne pas être aux premières loges des étapes de croissance de ma bestiole. Mon épanouissement personnel n’a jamais été lié à une quelconque réussite professionnelle, mais plus à ma vie personnelle, intime. De plus, je suis plutôt un solitaire. L’aspect social n’est pas non plus primordial pour moi. Je n’ai donc aucune crainte à me retrouver seul avec bébé. Enfin, je suis très attaché aux petits bonheurs du quotidien. Et un petit bout est le générateur universel de petits et de grands bonheurs.

Une vie domestique qui l’a toujours attiré

Déjà de base, il faut savoir que je n’ai absolument rien à faire de l’image sociale que je dégage. A la maison, je suis déjà celui qui fait à manger et la vaisselle, le ménage. Tout cela est plutôt naturel pour moi. Bon alors certes, le domaine du linge reste encore mon triangle des Bermudes, mais j’y travaille.

Je ne suis pas macho pour deux sous. Par exemple, je n’ai aucun souci à ce que ce soit ma tendre et chère qui rapporte l’essentiel de l’argent du foyer. A ce titre, je ne place pas ma virilité dans l’argent que je gagne, dans ma réussite professionnelle mais tout simplement en tant qu’être humain dans ce que je transmets sans relation d’argent. Le travail ne m’a jamais permis cela. Mon but a toujours été de m’épanouir dans ma vie personnelle.

Je sais -bien entendu- que, qui dit père au foyer dit une énorme charge de travail. Il faudra savoir prendre soin de la maison et des corvées du quotidien, tout en prenant en charge les besoins de l’enfant. J’aime faire à manger, faire la vaisselle, ranger ma maison, m’occuper du chat et j’en passe depuis toujours, je ne vois pas comment l’arrivée de la petite pourrait changer quelque chose à ces drôles de plaisirs, j’en conviens.

La pédagogie, la transmission de savoir au cœur de son parcours personnel

Tous mes boulots, toutes mes activités associatives (Prof, entraîneur de foot pour petits et grands, créateur de module de formation..) ont été liées à la transmission de savoir. Avec l’éducation d’un enfant, il faut très souvent trouver les bonnes réponses à ses questions, l’aider à vivre en société, ou encore poser des limites. être père au foyer,  c’est faire tout cela, et c’est de l’ordre de la transmission.

De plus, je n’arrive pas à imaginer ne pas voir grandir ma fille. Ne pas être aux premières loges lors de ses premiers pas dans la vie.  J’y vois quelque chose de magique. Voir son enfant grandir et être l’un des acteurs de ses progrès doit être un sentiment immense.

Un choix -bien entendu- aussi pratique et financier

Nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche et la question de l’argent a été soulevée lorsque le désir d’enfant fut mis sur la table. A l’heure où la prise en charge des enfants est de moins en moins abordable, mon choix de vie s’est relevé une excellente chose. Un papa au foyer ou un parent au foyer c’est la question de la garde et de son financement qui disparaît.

Ainsi depuis deux ans, j’ai modelé ma vie professionnelle et personnelle afin d’être prêt le jour J. Je me suis créé mon propre job à domicile en freelance. Clairement, ce travail totalement modulable et malléable me permettra de reprendre un emploi à temps partiel à la carte pour rester présent auprès de ma fille. De toute façon,  le métro-boulot-dodo, ce n’était absolument pas mon truc. De plus cela donner la possibilité à ma compagne de faire une carrière. Tout le monde est donc heureux…

Et pour le blog… ?

Et bien c’est très simple. J’estime que le mec normal, l’Avegage Joe peut aussi très bien être un père au foyer ! Donc il me paraît tout à fait logique de raconter mon ressenti de papa au foyer. Le petit bonhomme de chemin restera un blog homme…mais au foyer. Ainsi, le blog va voir très rapidement naître une catégorie papa.

Homme au foyer, et plus encore père au foyer, c’est une aventure domestique, mais une aventure à coup sûr. Et mine de rien, c’est une mine de plaisirs, d’interrogations, et de quoi raconter, bien plus que d’être tonton. Partager une partie de ce quotidien me paraît naturel et fera peut être tomber quelques stéréotypes…Qui sait ?

Bébé VS labrador : le match

Dans un univers alternatif, j’aurais finalement opté pour le labrador en lieu et place du bébé. J’aurais pris un temps certain pour analyser le pour et le contre d’un bébé et d’un labrador. Il convient d’ailleurs de partager avec vous cette réflexion pleine de bon sens.

Premiers points en faveur du labrador : le chien est plus rapidement propre, le chien rapporte le bâton qu’on lui lance. Concernant les bébés, c’est quand même beaucoup plus aléatoire au niveau du retour de bâton. Ou en tout cas ce n’est pas le même retour de bâton qui nous pend au nez. 2-0 Labrador. Ensuite, les deux ont tendance à baver sur le canapé en cuir : match nul ! Alors certes le bébé ne mordille pas les pantoufles et bébé ne dépouille pas les poubelles pour ressortir un vieux morceau de viande. 2-2  Le match se serait avéré serré.

Il aurait donc fallu les départager sur une question subsidiaire. Qui monte le mieux la garde ? Le chien bien entendu ! Le labrador aurait donc été choisi sur le fil. Et j’aurais dit à ma tendre et chère que nous ré-étudirions la question du bébé le jour où on trouverait une pancarte sur un portail dans le coin d’une propriété privée avec un pictogramme représentant un bébé avec écrit en dessous « je monte la garde ».

Et on ne laisse pas bébé dans un coin… sinon on prend un labrador…