Il était grand temps ! Oui depuis les débuts du blog « Petit Bonhomme de Chemin » je m’étais promis de vous parler de mon restaurant fétiche : Les Petites Bouches à Caen. Un dîner en amoureux, la semaine dernière, me donne enfin l’occasion de deviser avec vous de ma table favorite et surtout vous dire pourquoi, elle l’est devenue.

« Les Petites bouches », le nom ne vous dit rien ? Vous n’y avez jamais mis les pieds ?  C’est –ma foi- de bien belles raisons que vous vous donnez pour poursuivre avec moi le fil de cet article. Allez suivez-moi, on prend le rond point de l’ancien Palais de Justice, on remonte toute la rue Guillaume Le Conquérant Et voilà, c’est sur votre droite. Eh toi là bas au fond !! Oui toi ! Tu es parti bien trop loin, tu es sur la place de l’Ancienne Boucherie. Reviens sur tes pas. Voilà, tout le monde est là, nous pouvons entrer, je vous présente donc nos deux restaurateurs:Franck en cuisine et Guillaume en salle.

Etape 1 : Les petites bouches : comment j’en suis devenu un adepte

La première fois que je poussai la porte de ce restaurant, ce fut au départ un peu comme vous aujourd’hui. La rencontre se fit à l’aide d’une belle tranche de bouche à oreille, d’un soupçon de hasard, et enfin d’une pincée de « pourquoi pas ». Vous avez -bien sûr- reconnu, la fameuse recette des bonnes adresses qu’on se refile entre personnes dignes de confiance. C’était, il y a maintenant quelques années dans mon ancienne vie professionnelle. Un ami et collègue m’avait alors invité un midi dans ce restaurant. Mon « pourquoi pas » de l’époque était alors plus une rhétorique sociale qu’une once de doute tant j’avais confiance dans le choix de ce collègue. En effet, ce dernier est ce qu’on appelle un véritable épicurien, amateur de bonnes choses.

Au déjeuner : une atmosphère à la fois confidentielle et chaleureuse

Les petites bouchesAu fil du temps, les petites bouches  firent donc office de cantine du midi pour mon ami et moi pendant plus de 3 ans. Gustativement, je ne m’y suis jamais ennuyé, les plats, entrées et desserts du jour étaient à la fois variés et travaillés. Je devins rapidement un habitué des lieux mais pas le seul à fréquenter régulièrement l’établissement. En effet, le midi aux petites bouches, se croisent, se rencontrent, discutent, nombres d’habitués. Un restaurant avec des habitués est –à mes yeux- un gage de qualité. Mais cela confère aussi une atmosphère au lieu. Je la définirais comme à la fois chaleureuse et confidentielle. Le caractère jovial et attentionné de Guillaume n’est sans doute pas étranger à cela. Bref, le midi chez « Guigui » je me sens tout simplement…bien. Un luxe le midi lorsque que l’on n’a pas toujours le temps de le prendre…ce fameux temps.

Au dîner: La version intimiste du restaurant Les Petites Bouches

Un jour, mes choix professionnels m’ont fait quitter mon petit resto du midi avec regrets. Il était alors impératif, pour moi, de trouver un nouveau prétexte pour réinvestir la place. C’est à ce moment que je m’aperçus que je n’avais encore jamais été allé dîner aux « Petites Bouches », et surtout -goujat que je suis- jamais emmené ma moitié. Un peu comme si, dans mon esprit un peu égoïste, c’était mon petit repère de mec, rien qu’à moi. Bref, une version soir des « Petites Bouches » s’imposait donc.

Un peu d’appréhension m’habitait. J’adhère à l’expression « deux salles, deux ambiances », beaucoup moins à « une salle, deux ambiances ». Pourtant rapidement je compris qu’ici c’était bien possible. En effet, le soir, la luminosité y est totalement différente, bien plus intimiste. Ce qui d’ailleurs met en valeur les œuvres issues du service de prêt de l’artothèque voisine ou produites par des artistes locaux. Pour s’attabler, il existe plein de petits coins sympas dans le resto pour accentuer cette intimité.

Quoique différent, le service du soir y est tout aussi excellent et il m’a permis de me plonger un peu plus la carte du resto. Cette dernière est volontairement restreinte, du fait de la volonté du chef de ne proposer que des produits frais et de saison. Par exemple le poisson au menu est défini en fonction de l’arrivage.

« Eh bonhomme, je te rappelle que tu parles d’un restaurant hein!! As-tu envisagé de nous parler de ce qui se passait dans les assiettes ou as-tu simplement oublié qu’on mangeait dans un restaurant ? »  

Etape 2 : Le contenu des assiettes aux Petites Bouches 

Certes, certes… J’ai peut-être quelque peu tardé à vous décrire le contenu des assiettes. Alors asseyez-vous, détachez vos ceintures et c’est parti je vais me mettre à table et vous avouez mes pêchés mignons aux « Petites Bouches ».

Il y a quoi dans la formule du midi au restaurant Les Petites Bouches ?

Comment vous l’avez compris plus haut, j’ai longtemps pratiqué leur formule du midi. Ici pas de révolution, c’est comme un peu partout vous avez le choix entre entrée/plat ou plat/dessert. Et si vous êtes un peu plus gourmand la formule entrée/plat/dessert est aussi disponible.

 Pèle-mêle, je vais vous décrire les petites douceurs disponibles en formule qui ont marqué mon esprit et surtout mes papilles.Tout d’abord, en entrée je me souviens du tartare de poisson ou de la surprenante cassolette de la mer au chorizo. En plats, je me souviens de classiques mais non moins réussis, steak frites, filet mignon de porc et sa sauce moutarde et blanquette de veau sans oublier leurs filets de plie sauce meunière.

Enfin, si vous êtes un bec sucré, vous ne pouvez pas passer à coté des desserts disponibles dans la formule. Sans aucun doute, vous craquerez devant le mille-feuilles de crêpes pommes caramélisées à la cannelle ou pour la tartelette de citron meringué. Leur dressage et leur légèreté m’ont toujours fait glisser de la formule entrée/plat à celle d’entrée/plat/dessert. Gourmandise quand tu nous tiens…

 

Et au niveau de la carte du restaurant « Les Petites bouches »?

Concernant les plats présents sur la carte, je prendrais comme référence le menu des petites escapades gastronomiques que nous nous offrons là-bas dorénavant avec ma moitié.

Régulièrement, en bon normand, j’opte en entrée pour le croustillant d’andouille de Vire, pomme et camembert. Il est parfait dans sa construction gustative. L’andouille ou le camembert chaud ont souvent tendance à venir « tuer » les autres saveurs, s’ils sont en surreprésentations. Mais ici, les pommes conservent toute leur place dans l’alchimie des saveurs. Honnêtement c’est mon classique.

Autre choix régulier, leur Foie gras de Canard maison…et réellement maison !  Une petite douceur qui est d’ailleurs disponible sur commande pour vos fêtes de fin d’année en version traiteur. C’est d’ailleurs mon choix cette année. J’ai beau avoir fait un stage cuisine chez Stéphane Carbone pour apprendre à préparer mon propre foie gras, je n’ai -hélas- pas encore totalement le coup de main pour me satisfaire de ma propre production.

S’agissant des plats au restaurant « Les Petites Bouches », j’ai trois véritables redondances. Tout d’abord, les Gambas poêlés au sel de Guérande, le cabillaud en croûte de chorizo et ma bonne grosse entrecôte grillée accompagnée de ses frites maisons…Aaaahhhhh….ces frites…C’est une véritable tuerie!

 

Sur un article précédent consacré au resto « les fils à maman » dans le Vaugueux, je vous avais avoué que j’étais un véritable « intégriste de la frite ». Pour trouver grâce à mes yeux, elles doivent être fines, dorées voire un peu grillées mais avec un cœur encore fondant.  Eh bien je viens de vous faire le portrait-robot des frites maisons servies aux petites bouches. De plus, selon les saisons et les variétés de pommes de terre, la saveur des dites frites change. Pour moi, nul besoin de quelconque sauce pour les accompagner : Je les mange sans artifices car -pour moi- elles sont littéralement parfaites !!!

Enfin, lorsque l’on passe au dessert, je jette mon dévolu  sur le moelleux au chocolat avec ce plaisir de casser la petite croûte sur le dessus avec sa petite cuillère. Parfois, lorsque je suis déjà repu, je me lance à l’assaut du tiramisu pommes Caramel qui passe tout seul.

 

Etape 3 : Univers alternatif : Fermé le Lundi ou ferme et le lundi

Vous l’avez compris, j’ai une véritable passion pour les frites et je suis légèrement psycho rigide les concernant. Dans un univers alternatif, j’aurais très bien pu craquer psychologiquement tant les frites des petites bouches me rendent dingo. Un Lundi matin, j’aurais été pris d’une sensation de manque. L’envie de ces frites serait alors devenue besoin. Fébrilement, j’aurais réussi à tenir toute la matinée. Midi sonnant, j’aurais alors voulu pousser la porte des petites bouches pour assouvir enfin mon vice…Oui mais voilà cette porte serait restée dramatiquement close…Si  seulement, je n’avais pas oublié que c’est le restaurant est fermé le Lundi.

Déçu et surtout la rage au ventre -à moins que ce soit la faim- je me serais rendu au Cocci Market voisin. Direction le rayon des frites…surgelées. Pris de folie, et encore dans le magasin, j’aurais déjà commencé à attaquer les frites encore surgelées. Certains diront que des frites surgelés c’est un peu dur sous la dent. En ce Lundi de perdition, j’aurais simplement trouvé ces dernières quelque peu « fermes »  La « faim » aurait justifié les moyens. Alors un conseil, concernant les envies de frites du Lundi si vous ne voulez pas que ce soit « ferme et le Lundi »…

…N’oubliez pas que ce restaurant est « fermé le Lundi »