Pour cette troisième et dernière partie consacrée à ma nouvelle vie de PAF (Père Au Foyer), je ne pouvais terminer autrement qu’en faisant un petit retour sur ces premiers mois. J’avais envie de partager sur cette expérience, sur mes peurs, mes doutes, mes bonheurs liés à cette petite révolution qu’est la naissance de notre premier enfant. Bref, faire un premier « retour d’expérience » comme on aime parfois l’appeler dans le milieu professionnel.

Tout d’abord, avant de me lancer dans le grand déballage, il faut que vous sachiez que, dès l’annonce de la grossesse de ma moitié, j’ai –de suite- choisi de ne pas lire de livres de puériculture. Le but : ne pas sur-interpréter ou sur-réagir à chaque bruit ou mouvement de notre petit Ewok. Ton intuition, tu suivras jeune Padawan… Pour moi, être papa au foyer relève totalement de l’apprentissage. Alors pour un type qui -avant sa fille- n’avait dû avoir, en tout et pour tout, que deux ou trois fois l’occasion d’avoir un bébé dans les bras, je savais qu’il me faudrait vingt fois sur le métier la table à langer, remettre son ouvrage. Et concernant les informations, j’irais les chercher seulement face aux énigmes que bébé me pose.

Enfin, j’ai -dès le départ- fait le deuil d’être un papa parfait. A mon sens, la naissance d’un premier enfant n’efface pas nos défauts…Et fort heureusement nos qualités non plus !  Allez trêve de blabla! Retour sur mes 5 mois de père et mes 3 mois de papa au foyer et ce qui m’est passé par la tête. Eh les gens! Avant de lire, qu’on se comprenne bien: c’est un témoignage, pas des conseils et encore moins des préceptes. Car à mon sens, il y a autant de parents qu’il y a d’enfants différents.

 

Avoir peur d’abîmer cette petite fille

Tout d’abord, j’avais envie de débuter sur une peur. La première de toutes. A la maternité, à la vue de ce petit être, j’ai eu l’angoisse, en prenant cette petite bestiole dans mes bras, de lui faire mal. C’est tellement petit et elle paraît si fragile. N’ayant aucune expérience en matière de nouveaux-nés, chacun de mes gestes était plus lent que ceux du paresseux. Loin d’être idéal lorsque la bestiole a décidé de gigoter (qui vient bien entendu de l’expression latine petitus gigotus sautae) dans mes premiers parcours du combattant version « couche, body, pyjama ».

Mais petit à petit, par la pratique, je me suis décoincé et j’ai pris peu à peu de l’assurance. Et ainsi vivre ce petit bonheur et avoir grande fierté de lui mettre son premier body qui s’enfilant par la tête. Et oui Messieurs ! Par la tête ! Remballez vos fermetures dans le dos…Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Ainsi, aujourd’hui, je suis totalement à l’aise dans le maniement de petit bout de chou, en tout cas de la mienne, car je n’ai absolument pas passé le cap pour les autres bébés.

 

Découvrir les bonheurs simples avec bébé

Depuis que je suis PAF, j’ai clairement adopté un autre rythme de vie, mais aussi pris plaisir à vivre de bonheurs simples. La faire rire, danser vers elle, la voir me sourire lorsqu’elle se réveille, m’amuser à lui faire découvrir des chansons, sont clairement et de façon évidente en tête de liste.

La découverte des joies du shopping

Cependant, je suis allé chercher du plaisir et du bonheur simple dans des activités qui me rebutaient par le passé. Tiens! Le shopping par exemple. Pour mon anniversaire et pour me faire plaisir j’ai fait les magasins pour lui trouver une petite tenue ou un petit chapeau. « Bah oui, tu comprends elle n’avait pas de chapeau qui allait avec sa nouvelle tenue ». Résultat des courses (sans jeu de mots) je finis régulièrement chez Petit Bateau ou encore chez Cyrillus.

Dernier exemple en date, j’ai pris plaisir à organiser nos premières vacances à trois. J’ai kiffé faire le listing de ce qu’on va emmener avec nous pour notre petite bestiole. Même le fait de m’apercevoir qu’il manque la base…le lit pour bébé m’importa peu. En effet, car je savais que cela signifiait que quelques jours plus tard, j’allais avoir le bonheur de déballer le carton de son lit de voyage d’AeroMoov. Je suis trop content d’avoir ce lit ultra-pratique et facile à transporter. En plus, j’aime beaucoup les illustrations de Elline Rousseau. Ce dernier a déjà bien servi pour ses siestes lors de ses après-midi chez ses grands-parents.

D’ailleurs de la même marque, j’ai aussi en notre possession un air layer. Depuis les premiers chaleurs, on l’installe très régulièrement dans son siège-auto lors de nos déplacements en voiture ou dans son cosy pour les balades. Objet ô combien utile car nous avons hérité d’une mimi qui -comme son papa- a très vite chaud et transpire tout aussi rapidement. Voilà le mec, il vous raconte tout cela, et il a le sourire aux lèvres… c’est ça, exactement cela : un bonheur simple avec, peut-être, un petit poil de satisfaction personnelle…Et entre nous, cela ne fait pas de mal !

 

Assumer de me sentir perdu dans mon rôle de PAF

Vis-à-vis de son rôle de PAF

Oh bien sur, tout n’est pas rose, tout n’est pas idyllique, loin de là. Tout d’abord, avec le retour de maman au travail et face à ce petit être, j’ai compris rapidement que mon rôle n’était pas celui d’une maman de remplacement. Maman et bébé ont toujours leurs petits rituels. Au départ j’ai voulu compenser et j’ai voulu faire les mêmes choses. C’était une erreur. Je ne pense pas qu’on puisse compenser quoi que ce soit face à un bébé. Et c’est quand j’ai compris cela que j’ai créé notre univers à tous les deux. Depuis, petit à petit, tout va beaucoup mieux, nos propres routines ont balisé notre quotidien.

Vis-à-vis des différentes taches

Plus que perdu, parfois, je me suis déjà senti un peu dépassé. Mais en l’occurrence ici, je pense que c’est le lot de tous les parents au foyer et pas seulement les pères au foyer. Ici à la maison, nous avons une petit qui est « vivante », ça gigote tout le temps, ça râle assez souvent, et ça dort peu. Mais surtout c’est une petite qui a très vite eu -ou voulu- une relation fusionnelle avec l’être qu’elle a en face d’elle toute la journée..à savoir son papa.

Face à cette équation, et dans un premier temps, J’ai eu du mal à trouver du temps pour les tâches ménagères. Et croyez-moi cela peut s’accumuler très vite. Etre multi tâche voilà à quoi j’ai dû m’astreindre. Moi, cette homme absolument pas fan de ce type de « joyeusetés » . Je peux désormais me vanter de savoir ouvrir à peu près tout avec une seule main. J’arrive même à travailler en ayant des temps d’activités ultra-segmentés et ultra-courts.

Vis-à-vis de bébé

pafEnfin, une petit ayant la couche propre, le ventre rempli, dans nos bras et qui pleure peut vite être désemparant. C’est encore très difficile pour moi de ne pas toujours comprend la signification de ses cris ou de ses pleurs. A ses premiers mois, notre pauvre petite pleurait énormément et notamment lorsqu’on la couchait. Inquiets, on s’est creusé la tête, nous avions l’impression d’avoir raté un truc. Le vrai sentiment d’être perdu m’habitait jusqu’à ce qu’on passe dans le cabinet d’une ostéopathe pour bébé sur les conseils d’une amie. Notre pauvre bout-de-chou avait le dos et le cou bloqués depuis l’accouchement. Un vrai soulagement…

 

Perdre du poids par surprise : un bonheur !

Siii c’est possible !! Alors bon, pour remettre les choses dans leur contexte, sur les derniers mois de grossesse de ma moitié, j’avais eu l’élégance de prendre du poids avec elle. Un slogan était ainsi même né durant cette période : « la couvade ça vous gagne ». A la naissance de ma petite bestiole d’amour, j’avais tant pris de poids que pour qu’elle m’aime –même gros- j’avais décidé de ne lui offrir que des doudous de pachydermes. Exit les lapins ou toutes autres petites bêtes toutes mignonnes. Le plus beau c’est le Papa chyderme et pi’ c’est tout !

paf

Mais c’était sans compter les multiples séances de portage de bébé. C’était sans compter l’éviction des « instants gourmandise » devant la télé à me goinfrer de conneries. Bon, c’est pas difficile « Je ne peux pas, j’ai pas le temps !!!». Le porte-bébé et les longues balades pour endormir ce petit monstre (qui n’aime trop pas la pousette…) ont fini le boulot. Résultat des courses 6 kilos de perdu en 5 mois. Bon j’avoue, J’ai un peu triché avec une petite intoxication alimentaire de derrière les fagots. Ce n’est qu’un début car voici que se profile déjà le temps de la diversification alimentaire. Les joies de la découverte des saveurs légumes vont venir agrémenter les repas de notre mimi…et aussi les miens pourtant peu adepte de ces étranges trucs de toutes les couleurs.

 

Oublier de se définir comme une entité propre

A mon sens, c’est le gros piège du parent au foyer. L’exercice de parent au foyer est -certes- chronophage, prenant physiquement et nerveusement mais là n’est, sans doute, pas le réel péril. Le danger est d’oublier de s’accorder du temps pour soi, de vrais temps hors du « foyer » hors de son rôle de parents.  Ce que certains appelleraient « débrancher ». Pour moi par exemple, lorsque que nous sommes tous les trois à la maison et que ma compagne prend notre fille, j’ai toujours l’impression qu’il faille que je fasse quelque chose : descendre les poubelles, faire la vaisselle, faire la caisse du chat…plier le linge, etc. Et même lorsque je ne m’accorde ce  temps de pause, je culpabilise. A mon sens, il faut oser sortir pour réellement débrancher.

PAF de toi tu t’occuperas! vraiment!

J’ai alors tenté de reprendre mon rôle de coach dans mon club de football, mais j’ai vite compris que l’aspect social indéniable ne compensait absolument pas le fait que je n’étais pas en train de m’occuper de moi mais des autres. Ce n’était finalement pas une vraie coupure pour moi. Mais voilà la saison se termine, notre petit monstre commence à accepter d’autres lieux de vie et des personnes autres que nous pour la garder. Dès lors, se profilent des possibilités de dégager du temps pour moi et rien que pour moi. Ces instants sont de vraies respirations essentielles pour se ressourcer. Pour quelques temps ne plus se penser en tant que « deux ».

Bref, parent au foyer, il faut assurer, même quand on est malade, même les week-ends. Mais difficile de se plaindre lorsque l’on a fait pleinement ce choix de vie. Ce n’est d’ailleurs pas le but ici. C’est juste mon témoignage pour décrire les débuts de ma vie de papa au foyer. Cela donnera une idée aux futurs PAF de cette vie et aux -déjà- papas au foyer l’impression d’être moins seuls face à certaines interrogations.

 

Bien comprendre le sens de PAF ?

pafEnfin, dans un univers alternatif, j’aurais voulu être complètement paf. Naturellement, j’aurais d’abord commencé par boire plus que de raison pour être… »paf ». Résultat des courses je me serais retrouvé dans une soirée où le PAF était de 900 euros. Un poil excessif surtout pour finir manger un pot-au-feu dans une poêle à frire avec le footballeur Pierre-Alain Frau. Ce dernier aurait tenté par la énième fois d’expliquer à des convives que la fameuse blague de Paf le chien ne lui est pas destinée…En vain…. Toute cette aventure serait passée à la télévision dans un show de télé-réalité. Cependant, et malheureusement, les audiences n’auraient pas été au rendez-vous à cause d’un reportage sur la Police Aux Frontières sur une chaîne concurrente.  Bref pas de quoi révolutionner le Paysage Audiovisuel Français.

Moralité : L’importance est de ne pas trop se prendre la tête, il existe autant de types de PAF que de pères