Êtres éclairés et –sans nul doute- doués d’un esprit d’observation hors normes, vous n’êtes pas sans avoir remarqué que les beaux jours sont de retour. Et vous sentez, chaque jour un peu plus ce doux parfum dans l’air…Cette fameuse odeur d’été. Mais non, je ne vous parle pas du doux parfum des fleurs! Je vous parle de l’autre odeur de l’été… Celle qui fait frétiller nez et estomacs. Oui, vous l’avez compris la saison des barbecues gratte à la porte des jardins. Et je serais bien impoli de ne pas lui ouvrir.

Dans ce type de situation, je ne sais pas si c’est Nadine de Rothschild ou mon oncle Gilbert qui affirment que les codes de l’hospitalité et de la bienséance nous obligent à l’accueillir comme il se doit. Soit avec un breuvage certifié conforme : une bière… Ainsi, je suis depuis un petit moment en quête d’une bonne bière…enfin de bonnes bières devrais-je dire… Alors, lorsque la boutique à bières m’a invité à la soirée de lancement de leur site internet. J’ai très vite compris que j’avais là un bien bel allié pour cet été.

Le bonhomme et son profil de buveur de bière

Et allez! cela ricane ! Pourquoi je ne suis pas étonné… Non je ne vous parle de pas de ma silhouette et de ce que les gens délicats –eux- nomment : mon petit « bidou » naissant. L’idée est bien plus de vous parler de mon mode de consommation de cette boisson houblonnée que de mes mensurations.

La Guinness : ma madeleine de Proust

Tout d’abord, j’ai une véritable inclinaison et un attachement particulier à la plus célèbre des bières brunes irlandaises : La Guinness. Cette bière brune brassée depuis plus 250 ans, est ma madeleine de Proust de mes années étudiantes. Ses arômes de malt alliés à l’amertume du houblon et sa mousse onctueuse me renvoient « quelques années » en arrière et résonnent avec mes lointaines origines irlandaises.

Le plaisir de la première gorgée de bière

Cependant je ne suis pas un monomaniaque en matière de « céréales ». J’aime à voyager d’une bière à l’autre selon les événements, les occasions, ou encore le temps. Plutôt curieux gustativement, je varie clairement les plaisirs. Car plaisir il y a comme le raconte très bien Philippe Delerm dans son ouvrage « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules ».

Un moment…une bière

Ainsi, je suis plutôt « tout terrains » et donc surtout « tout plaisirs ». Dans ma pratique, je vais des « bières de soif » allant de la Jupiler en terrasse ensoleillée ou la Heineken d’après match de foot jusqu’aux bières d’abbaye belges et toutes celles qui remplissent la bouche d’une saveur qui sied à merveille pour un petit afterwork « soft ».  Enfin, je ne suis pas effrayé de partir à la découverte des productions dans le domaine de la bière artisanale. Alors vous imaginez bien que je me suis rendu d’un pas alerte et plutôt joyeux vers la boutique à bières jeudi soir dernier.

La boutique à bières : Île aux trésors des amateurs de bière

Depuis quelques temps, la bière a, clairement, le vent en poupe sur le bord de la Manche. Pour preuve, micro brasseries et brasseries artisanales ont commencé à émerger ça et là en terre normande. Aujourd’hui, une « escadre » de 62 brasseries est au mouillage en Normandie pour vous faire voguer et ne jamais vous retrouver à « marée basse » comme on aime à grommeler dans les tavernes de pirates. Et depuis peu, il se murmure qu’un petit îlot vient d’affleurer à la surface de Caen et qu’il renferme de véritables trésors houblonnés. Avant de partir à l’abordage, avant de vous lancer en quête de l’« El Dorado », vous voulez en savoir plus. Installons-nous au fond de mon « rade » favori, sur cette table à l’abri des regards et surtout loin des oreilles un peu trop curieuses. « Commencez donc par m’offrir quelques demis, histoire que ma langue se délie. »

Le nom de l’échoppe enfin dévoilé : la boutiques à bières

La boutique à bières

Une première mousse est déjà avalée. Vous avez -un temps- espéré que je vous sorte une de ces fameuses cartes aux trésors indiquant les doux rivages du lieu. Non…Seul indice glané, un chiffre lâché au détour d’une gorgée : 151. Comme le nombre de références dans ce lieu de fortune, et identique à l’adresse de l’échoppe. A cet instant, j’ai perçu une lueur dans vos yeux. J’ai piqué votre curiosité, et voilà que vous avez déjà commandé une nouvelle tournée version pinte. Cette fois, c’est bien le nom de ce lieu qui glisse jusqu’à vos oreilles lors de notre conservation : La boutique à bières.

Tout les trésors ne sont indiqués par un X sur une carte

Tout à coup, notre conciliabule vous donne une nouvelle latitude dans votre quête : L’îlot mystérieux de vos futurs plaisirs se situe à Caen. Je m’égare même à vous confier la description de l’emplacement. Caisses en bois et vieux deux-roues trônent à l’entrée, tandis qu’à l’intérieur les murs en pierres de Caen offrent une belle luminosité. « Parlez-moi du lieu ! Parlez-moi du lieu » répétez-vous alors. Votre impatience devient alors pour moi la source d’une soif inextinguible.  « Au lieu de sauter comme un cabri, allez donc nous commander les petites sœurs. A force de parler j’ai comme le gosier tout sec ».

Ross Tapp et sa Kékette en « gouverneur » du lieu

Après avoir réglé ce petit souci technique avec une troisième chope de boisson maltée, je pus reprendre mon lent égrenage d’indices sur les lieux et le contenu du trésor. C’est alors que je vous apprends qu’un moine trappiste aurait indiqué que l’adresse avait un rapport avec Saint Pierre. Mais surtout je vous indique alors que le lieu n’est pas désert. Cet îlot possède son « gouverneur ».  Il se nomme Ross Tapp, et vous le connaissez peut-être parce qu’il a sorti sa « Kékette » avec un de ses amis  il ya quelques années. Bien loin de l’image de l’anecdote de sortie de bar aussi tardive que graveleuse, c’est bien un nouvel indice qui vous est -à nouveau- distillé. Le maître des lieux, véritable bièrologue irlandais débarqué en Normandie en 1998 est le co-inventeur de la bière d’inspiration normande « Kékette ».

Avec des bières du Monde bouteille à la mer des saveurs

De plus en plus bavard, je vous livre ensuite que, sur place, lui et ses « magistrats » vous permettront piocher dans son trésor contre quelques écus ou autres monnaies d’échange. Comme aime à le dire, Ross, chaque bouteille de la boutique à bières possède son histoire. Et il est vrai que chaque bouteille que je lui soustrais fut découverte comme une bouteille jetée à la mer contenant un message. Un peu comme une invitation au voyage vers de lointains horizons. A chaque gorgé de ses breuvages, c’était les saveurs de Californie, d’Ecosse, d’Australie, de Russie, et même du Sri-Lanka qui viennent mouiller sur vos papilles. De quoi donner envie aux flibustiers de reprendre l’amer…logique me direz-vous pour de la bière…

Entre bières normandes et assignation à résidence

Enfin, alors que le bar commence à fermer, je termine mon histoire. La terre ferme est plus votre domaine, vos deux pieds sont bien plantés dans le sol de Normandie? Cette cave à bières possède d’autres joyaux plus à votre convenance fier descendant de Viking qui -je le rappelle tout de même- étaient de grands navigateurs. Ainsi un présentoir entier est réservé aux bières normandes. Ces dernières sont issues majoritairement de brasseries artisanales. Pour vous autres, corsaires, en mission pour autrui, vous pourrez rapporter en des pépites. Ces dernières allant de la bière clin d’œil avec un beau packaging jusqu’au coffret de bière à vieillir pendant 10 ans.

Si vous êtes un vieux loup de mer, assigné à résidence en raison d’un corps fatigué par de trop nombreuses campagnes, vous ne resterez pourtant pas au port. Car si tu ne viens pas à la boutique à bières, la boutique à bières ira à toi. En effet, la joyeuse échoppe vient d’ouvrir laboutiqueabieres.fr sur le net. Ainsi, de chez vous, vous pourrez recevoir la bière de votre choix et vous en délecter.

Pour moi, ce fut…une mise en bière

Dans un univers alternatif, j’aurais rencontré bien trop d’aventuriers en quête d’indices menant à cette île aux trésors houblonnés. Mais à la fin de l’été 2018, sans avoir pris conscience du drame en germe. Je serais alors parti imprudemment à Munich en Allemagne pour la fameuse fête bavaroise nommée Oktoberfest.

Oh! Ce ne « fût » pas là-bas que les choses se « corsaires ». Pourtant pour paraphraser le physionomiste de boite de nuit me refusant étrangement l’entrée avec un « vous êtes fatigué monsieur !» mes pérégrinations me fatiguèrent effectivement rapidement. Je me pris alors d’affection pour un certain Claude…Brasseur et sa copine Sophie…la girafe…Bien entendu…Je n’aurais d’ailleurs jamais su si cette personne était véritablement brasseur ou acteur français. En tout cas cette rencontre aurait déclenché chez moi une danse de la joie sur les airs de « Leffe les bras balance toi sur le rythme de nos pas » du groupe Reciprok.

Après avoir en vain, et avec la fermentation ferme intention de remplir le tonneau des danaïdes qui servait d’estomac au fameux Claude, je serais alors revenu sans pression. Hélas, la catastrophe était là devant mes yeux! La boutique à bières aurait été totalement dévalisée par de trop nombreux clients. Pour eux ce fut un véritable bonheur…Pour moi, accompagné de mon envie irrépressible d’une vraie bonne bière, ce fut une véritable…mise en bière. Moralité si vous ne voulez pas mourir de jalousie…

 …sachez que les bons plans sont comme l’alcool : dangereux pour la santé et à consommer avec modération.