Tout débuta un soir de pluie. Ma solitude trouvait un soudain écho contre cette vitre emplie de larmes, Et alors que l’obscurité envahissait insensiblement la pièce, une porte s’ouvrit nerveusement et une phrase s’en échappa « Cela te dit une Murder Party? » Je fus pris d’effroi, je reconnaissais cette voix, mais que me proposait–elle ? Cette personne m’invitait-elle à une virée façon Charles Manson ? A la réunion hebdomadaire des tueurs en série anonymes ? Ou pire au visionnage de l’intégrale des « Faites entrer l’accusé » ? A cet instant, mon instinct de survie me dicta de vite répondre quelque chose d’intelligent  « Merguez party tu veux dire ?» Pas de réponse ! Ouf ! Bien joué mec, ta grande culture t’as à nouveau sauvé! J’avais désamorcé la situation… mais pour combien de temps…

Le lendemain, après une nuit d’angoisse à remplir encore et encore le fameux test de Cosmo « avec quel type de tueur en série je vis », je fus délivré de mes tourments. Le monstre la personne partageant ma vie m’expliqua au petit déjeuner qu’une murder party était une sorte de jeu de rôle grandeur nature.

Alors afin de vous éviter pareille mésaventure, je vais vous expliquer en quoi consister une murder party et comment j’ai vécu cette première expérience.

Episode 1 : qu’est-ce qu’une murder party ?

murder partyUne Murder-party est donc une forme de jeu de rôle grandeur nature. La Murder Party propose à des joueurs de résoudre une enquête autour d’un meurtre, se déroulant à huis-clos et le temps d’une soirée. Un scénario Murder Party est donc développé pour faire vivre aux participants une aventure, une enquête. Le joueur est donc -à la fois- ici pour faire vivre son personnage mais aussi pour profiter du jeu.

Dans ce cadre, les participants incarnent chacun un personnage et surtout ne connaissent pas le fil de l’histoire qu’ils vont vivre. Ils ne connaissent que le contexte, le personnage qu’ils leur aient attribué et leurs objectifs. Seul l’organisateur connaît l’ensemble des objectifs de chacun et le fil complet de l’histoire.

Episode 2 : Ma soirée Murder

Cette première expérience avec une murder party se déroulait dans le cadre de l’exposition « Conservatoire Nominal des Arts et Métiers » de l’artiste Guy Lemonnier, organisée par l’artothèque de Caen.

Quelques jours avant le début du jeu, nous avons reçu une fiche d’informations sur notre personnage et sur ses objectifs. En sus, nous avons aussi reçu le cadre scénaristique. L’histoire qui nous était proposée se basait sur l’étrange disparition de l’artiste normand Guy Lemonnier.

Ce dernier -de par son oeuvre- interroge sur la place de l’artiste dans le monde d’aujourd’hui. Guy Lemonnier est le créateur de son propre conservatoire : le Conservatoire Nominal des Arts et Métiers (C.N.A.M.)

Mais voilà, lors de sa dernière expérience artistique à l’artothèque, Guy Lemonnier est porté disparu dans des conditions plus que suspectes…Seul indice, un tas de cendres au pied d’une de ses œuvres. Le décor était planté, à nous de jouer.

Episode 3 : Mon avis sur cette première murder partie

Tout d’abord, c’est véritablement une « expérience »! C’est un jeu mêlant improvisation et investigation sur fond d’enquête policière. L’interprétation d’un rôle a fait renaître en moi le plaisir enfantin de jouer à être une autre personne le temps d’un jeu. Qui n’a pas eu -secrètement-envie de rejouer aux gendarmes et aux voleurs? A partir d’une base scénaristique, les joueurs ont créé une histoire et leurs choix ont fait vivre et orienter cette dernière.

Ensuite, l’idée de découvrir un artiste au travers d’une murder party m’a vraiment plu. C’était vraiment une belle porte d’entrée vers un univers pour lequel je n’avais aucunes accointances. L’enquête et le fil de l’histoire ont permis aux participants de découvrir les œuvres de l’artiste. L’objectif a été atteint avec moi, puisque que je suis retourné le lendemain terminer la visite de l’exposition qui lui était consacré. Félicitations à l’artothèque de Caen pour cette initiative originale.

Enfin, après cette première murder party, je n’aurais qu’un seul regret, sans nul doute, dû à mon inexpérience. J’aurais aimé faire vivre un peu plus mon personnage. Pour ce faire, j’aurais du « travailler » et préparer mon rôle pour avoir un peu plus de latitude lors de cette « murder ». Cependant ce regret signifie -à mes yeux- que j’ai été clairement accroché par le concept, et prêt à retenter l’expérience.

Episode 4 : L’univers alternatif : le Cluedo qui tourne mal

Et si je n’avais pas été embarqué dans cette murder party mais dans une partie de Cluedo. Organisée par des amis, la partie aurait réuni une pléiade de « talents » dont les grands-parents, le fameux oncle « bourré ».

Rapidement, les plus âgés de nos apprentis Sherlock Holmes auraient piqué du nez, puis littéralement dormi sur le plateau de jeu. Mon ami m’aurait alors indiqué que c’était dans le scénario.  Peu familier avec le cluedo, j’aurais alors mollement continué la partie. Plutôt adepte du comique de répétition, j’aurais ensuite découvert ses limites. L’oncle se faisant une joie non dissimulée de placer des « dans ton cul » à tout bout de champ. Après six laborieuses heures de jeu, et un assassin qui courrait toujours, ou qui dormirait, je fus envahi par l’immense angoisse d’être tombé dans un trou spatio-temporel.

Je n’aurais plus eu qu’une solution pour m’en sortir. J’aurais alors pris la direction de la cuisine. Quelques minutes plus tard, j’y aurais été retrouvé mort d’ennui dans la cuisine. Pas de doute c’était un suicide par overdose de Ketchup. Pour moi, l’enquête était hélas bouclée dans le sang dans le ketchup.  Alors comme aurait pu le dire Max Pécas….

Ce n’est pas le scénario qui importe mais bien le jeu des acteurs